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L’Ecole nationale supérieure des Mines de Paris (MINES Paris) est une des plus prestigieuses écoles d’ingénieurs en France et la première école par son volume de recherche orientée vers l’industrie. L’école des Mines de Paris forme des ingénieurs généralistes via une expérience pédagogique innovante et pluridisciplinaire, dans laquelle sciences de l’ingénieur et sciences humaines et sociales sont étroitement liées.
Cette double culture est renforcée encore par son appartenance à l’Université PSL, qui se positionne dans le top 50 des classements internationaux, et qui constitue une véritable opportunité d’enrichissement des parcours.
Mines Paris est un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP), placé sous la tutelle du ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Quels principes et quelles méthodes pour auditer une stratégie de transformation ? Le cas des sociétés à mission
Le Centre de Gestion Scientifique (CGS) Mines Paris – PSL lance un contrat doctoral sous la direction de Jérémy Lévêque et Blanche Segrestin. Cette thèse se déroulera dans le cadre du programme de la Chaire « Théorie de l’Entreprise. Modèles de gouvernance et création collective ».
La société à mission (SàM) a été conçue comme un dispositif original de responsabilisation des entreprises. En inscrivant une mission dans les statuts et en instaurant un double mécanisme de contrôle – un comité de mission chargé du suivi interne et une vérification périodique par un organisme tiers indépendant (OTI) –, elle cherche à rendre les engagements de l’entreprise à la fois crédibles et vérifiables.
Dans le même temps, l’audit de durabilité connaît un développement rapide sous l’effet de la directive CSRD et de l’élaboration de nouveaux référentiels (Venter et al., 2024). Pourtant, ces évolutions soulèvent une question encore largement ouverte. Les entreprises sont désormais appelées à rendre compte non seulement de leurs performances, mais aussi de leurs trajectoires de transformation. Or les méthodes d’audit demeurent largement héritées de la vérification de données observables, de procédures ou d’indicateurs standardisés.
La société à mission constitue, à cet égard, un terrain d’étude particulièrement fécond. Sa mission porte souvent sur des enjeux d’innovation, de transformation et de contribution aux transitions écologiques ou sociales qui se prêtent difficilement à un contrôle de conformité ou à la seule vérification d’indicateurs. Vérifier une mission ne consiste donc pas seulement à apprécier le respect d’engagements formels ; il s’agit d’évaluer l’intégrité de l’entreprise, c’est-à-dire sa capacité à poursuivre de manière cohérente des engagements multiples, interdépendants et évolutifs. La société à mission invite ainsi à poser une question plus générale : comment auditer une stratégie de transformation plutôt que de simples résultats ?
Cette question rejoint les préoccupations des organismes tiers indépendants et de la Communauté des entreprises à mission (CEM), qui souhaitent éviter que la vérification des sociétés à mission ne se réduise à des pratiques de reporting standardisées, au risque d’en limiter le potentiel d’innovation. Ils cherchent au contraire à développer des méthodes de vérification adaptées à la diversité des entreprises, notamment des plus petites structures, ainsi qu’à la variété des missions poursuivies.
Dans ce contexte, la thèse poursuivra trois objectifs complémentaires :
1. Analyser les sociétés à mission au prisme de la vérification : en partant du corpus des avis de vérification déposés aux greffes des tribunaux de commerce, la thèse interrogera quels objectifs sont tenus pour respectés, lesquels ne le sont pas, et quelles trajectoires se dessinent ?Analyser les pratiques actuelles de vérification ?
2. Caractériser les principes et les méthodes de l’audit d’une mission. Comment les vérificateurs apprécient-ils l’intégrité d’une entreprise engagée dans une mission ? Comment articulent-ils l’examen des objectifs poursuivis, des moyens déployés, des apprentissages réalisés et du rôle joué par le comité de mission ? Comment cette activité de vérification se professionnalise-t-elle ?
3. Concevoir et expérimenter de nouvelles méthodes de vérification. En partenariat avec des organismes tiers indépendants volontaires, la recherche visera à expérimenter de nouvelles approches tirant parti de la complémentarité entre comité de mission et audit externe, et à analyser les enseignements que ces innovations peuvent apporter plus largement à l’évolution de l’audit de durabilité, notamment dans le cadre de la CSRD et de la vérification des plans de transition.
La thèse sera menée en partenariat avec un cabinet OTI spécialisé et la Communauté des entreprises à mission. Elle pourra s’appuyer sur l’analyse d’un corpus d’une centaine de vérifications passées, la participation à des vérifications en cours, et un dispositif d’expérimentation.
Profil recherché : diplômé de master, intéressé par la gouvernance des entreprises, l’audit et la durabilité, ainsi que par les théories de la gouvernance et de la conception. Goût pour l’enquête de terrain. Rigueur analytique et curiosité scientifique. Une première exposition aux enjeux de durabilité est un atout.
Les candidats/tes intéressés/ées sont invités à soumettre un dossier de candidature par courrier électronique à l’attention de Jérémy Lévêque (jeremy.leveque@minesparis.psl.eu) comprenant une lettre de motivation et un CV détaillé.