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Accueil » Evènements » Sixcième Journée d’Histoire de la Pensée Managériale
Cette année, conformément à notre volonté de tenir cette journée dans des lieux importants pour l’histoire de la pensée managériale en France, la sixième journée d’histoire de la Pensée Managériale se tiendra à l’IAE de Paris, dans le cadre des soixante-dix ans de cette institution. L’IAE de Paris fut en effet un des premiers à être créé, en 1956, au côté de celui d’Aix-en-Provence, grâce à l’action de Gaston Berger.
La journée débutera avec une conférence inaugurale du Professeur Jean-François Chanlat, Professeur émérite à l’Université Paris-Dauphine, qui présentera la somme sur l’histoire de la pensée managériale française qu’il vient de publier, intitulée opportunément Contre l’amnésie !, et dont l’esprit converge totalement avec ce que nous portons depuis 2021.
Comme chaque année, une attention sera apportée aux propositions qui concerneraient l’histoire de l’institution qui nous accueille, et une session sera normalement consacrée à l’histoire de l’IAE de Paris. D’anciens documents pourront être ainsi exposés, de même que des témoignages de personnalités particulièrement impliquées dans cette institution pourront être recueillis : Jean-Pierre Helfer Professeur émérite à l’IAE Paris Sorbonne, interviendra ainsi à la suite de Jean-François Chanlat pour présenter son parcours, en particulier au sein de l’IAE de Paris, et revenir sur les mutations des sciences de gestion depuis 50 ans.
Toutefois, afin d’élargir notre propos, tout en concentrant notre réflexion, nous souhaiterions cette année appeler à des travaux sur une thématique plus particulière, importante pour cette jeune science que sont les sciences de gestion, et sur laquelle l’histoire peut nous être d’une grande utilité.
Thématique de la journée : les apports de l’histoire pour comprendre les relations entre les sciences de gestion et leurs disciplines mères ou cousines
Les sciences de gestion, et en particulier le management et la GRH, entretiennent, de par leur sujet, des relations avec nombre de disciplines ou d’approches cousines [1]:
Si les relations avec ces disciplines cousines, centrées sur le travail et son organisation, sont pour le moins naturelles, notons tout de même qu’avec l’économie, les relations sont plus compliquées : elles peuvent parfois même être conflictuelles, du fait principalement des hypothèses néo-classiques, peu à même d’aider à comprendre le fonctionnement réel de l’économie et donc d’aider à la gestion des entreprises (voir par exemple Aggeri, 2015, pour une critique fortes des travaux de Jean Tirole : ceux-ci, fondés sur les hypothèses néo-classiques simplistes, ont énormément de difficultés à appréhender la capacité d’invention des acteurs lorsqu’il s’agit de mener des actions collectives et passent ainsi à coté de nombre de phénomènes empiriques). Toutefois, nombre de courants des sciences de gestion actuelles, en particulier en stratégie (théorie des ressources, des coûts de transaction, théorie de la firme, mais aussi évidement les forces de Porter, directement inspirées du modèle micro-économique) viennent des sciences économiques, dans leur version la plus orthodoxe : en conséquence, il pourra aussi être intéressant d’analyser l’histoire de ces courants, pour voir comment l’économie a pu inspirer, de manière plus ou moins opportune, des pans importants des sciences de gestion actuelles.
Face à ce paysage scientifique qui parfois peut paraitre pour un imbroglio, dans lequel certains n’ont pas bien conscience des différences entre disciplines, dans lequel d’autres développent des préjugés sur les autres disciplines – en particulier sur les sciences de gestion accusée d’être responsable du mauvais management de plus en plus fréquent depuis deux décennies dans les entreprises, l’exemple le plus caricatural de ce point étant l’ouvrage de Vincent de Gaulejac, La société malade de la gestion[4]-, faire de l’histoire, pour ré expliquer comment se sont construites ces disciplines, dans quelles périodes, et comment elles ont géré leurs frontières entre elles, peut être un outil puissant de clarification. Ce type d’exercice a été fait à plusieurs reprises par Yves-Frédéric Livian (voir Livian, 1994, 2012, 2022).
La journée se clôturera par une intervention de Julienne Brabet, Professeur émérite à l’Université Paris Est Créteil. Dans cette présentation, cette dernière reviendra sur son parcours et la place qu’y occupe sa conception du management et de l’interdisciplinarité
Modalités de soumission
Les intentions de communication feront 1 à 2 pages. Les travaux finalisés sont également acceptés. Ils expliciteront les éléments fondamentaux de la recherche, sans qu’il soit nécessaire de faire référence à un cadre théorique – ce qui ne signifie pas que ce soit interdit-, sans qu’il soit obligatoire de satisfaire au triptyque problématique–méthodologie-résultats, récemment critiqué par Laroche (2024).
Les propositions attendues peuvent faire preuve d’une grande richesse empirique, en cohérence avec la méthode historique (Berard, Girault et Rideau-Kikuchi, 2020), même si des articles plus théoriques, mettant en évidence les types de producteurs de « pensée managériale », ou classant historiquement les différents types d’articles produits dans un domaine de recherche dans les sciences de gestion actuelles, peuvent également être soumis. L’emploi de concepts importants en histoire de la pensée comme la circulation des pensées entre pays, entre groupes sociaux est aussi encouragé.
Si vous souhaitez échanger avec le comité d’organisation, afin d’analyser si votre proposition correspond aux attentes d’un travail d’histoire de la pensée managériale, vous pouvez nous contacter aux adresses mail situées ci-dessous.
Conseil Scientifique
Sophie Agulhon, Professeur, Université Aix-Marseille
Yoann Bazin, Professeur, Université Paris-Ouest Nanterre
Philippe Eynaud, Professeur, IAE Paris Sorbonne Business School
Patrick Gilbert, Professeur, IAE Paris Sorbonne Business School
Luc Marco, Professeur, Université Sorbonne Paris-Nord
Florent Noel, Professeur, IAE Paris Sorbonne Business School
Cédric Poivret, Maitre de Conférences, Université Gustave Eiffel
Géraldine Schmitt, Professeur, IAE Paris Sorbonne Business School
Comité d’organisation
Raphael Haget
Cédric Poivret , cedric.poivret@univ-eiffel.fr
Données pratiques
Date limite de soumission : 6 avril 2026
Date de retour : 17 avril 2026
Bibliographie
Aggeri F. (2015), Les phénomènes gestionnaires à l’épreuve de la pensée économique standard Une mise en perspective de travaux de Jean Tirole, Revue Française de Gestion, 250, 5, p. 65-85
Arnaud G., Louart P., (2001), La passion de la psychosociologie. La Genèse de l’ARIP. Entretien avec Eugène Enriquez, Gérer et comprendre, mars, p.65-78
Arnaud G., Pavé F. (2007), L’électron libre de la psychosociologie, entretien avec Max Pagès, Gérer et comprendre, 90, p.4-20
Bérard, R.-M., Girault, B., Rideau-Kikuchi, C. (2020) Initiation aux études historiques. Gallimard. Paris
Chanlat, J.-F. (2025), Contre l’amnésie, EMS Editions
Colasse B., Pavé F. (2009), Quand la psychosociologie fait son entrée dans l’entreprise, Gérer et comprendre, Annales des Mines, 95, p.4-15
Dauberville B., Gilbert P. , Pigeyre F., (1996), Les sciences humaines dans l’entreprise, Economica
Gilbert P., Vayre E., (2024), Les grands auteurs en psychologie et en management, EMS Editions
Laroche H., 2024, Liberate the Article! Proposals for Simplified Scientific Writing Conventions, M@n@gement, 27(2), p.103-120
Leplat J., de Montmolin M., (2004), Les voisinages disciplinaires de l’ergonomie, in Flazon P. (eds), Ergonomie, PUF
Lievre P., Coutarel ( 2013), Sciences de gestion et ergonomie : pour un dialogue dans le cadre d’une économie de la connaissance. Économies et sociétés, 22 (1), pp.123-146.
Livian Y.-F. (1994), Les relations de la sociologie des organisations et de la GRH, Communication au 5ième congrès de l’AGRH
Livian Y.-F. (2012), Les apports de la sociologie à la gestion des ressources humaines, disponible sur Hal :
https://shs.hal.science/halshs-00804685/file/apports_de_la_sociologie_nov_12.pdf
Livian Y.-F. (2022) La contribution de la sociologie française à l’émergence de la gestion des ressources humaines (1977-1994). Deuxième Journée d’Histoire de la Pensée Managériale,
Marchesnay M. (2005), Vincent de Gaulejac, La société malade de sa gestion : idéologie gestionnaire, pouvoir managérial et harcèlement social, Paris, Le Seuil (Économie humaine), In: Économies et Sociétés. Systèmes agroalimentaires, tome 39, n°5, pp. 991-996
Saussois, J.-M. (1999), « Michel Crozier », Revue Française de Gestion, juin-juillet-août, p. 100-109
[1] Pour une approche générale de la question, autrement dit un ouvrage qui met en évidence ce que les « grandes » sciences humaines fondamentales (psychologie sociale, sociologie, anthropologie) peuvent apporter à la Gestion des Ressources Humaines et au management, voir Dauberville , Gilbert et Pigeyre, 1996.
[2] Les fondateurs de la sociologie du travail étaient en particulier tous docteurs, ce qui n’était pas le cas des ingénieurs qui réfléchirent aux sciences de gestion durant la première partie du XXième siècle.
[3] On trouvera dans cet ouvrage de la collection « Les grands auteurs » des chapitres sur Jacques Leplat ou Eugene Enriquez
[4] Voir la recension critique qu’en avait fait Michel Marchesnay en 2005.